Manger moins vite = manger moins ? Oui, d’après cette analyse

Le Centre de Recherche et d'Information Nutritionnelles

Manger moins vite, notamment parce que cela augmente le travail de mastication, diminuerait la prise alimentaire. Les études expérimentales confirment les conclusions des études observationnelles.

 

(E. Robinson, E. Almiron-Roig, F. Rutters et col. (2014) A systematic review and meta-analysis examining the effect of eating rate on energy intake and hunger. American Journal of Clinical Nutrition; 100 :123-51.)

Dans les 22 études expérimentales incluses dans cette méta-analyse, l’ingesta calorique était mesuré tandis que la vitesse à laquelle les participants mangeaient était modifiée expérimentalement en laboratoire au moyen de diverses méthodes (instructions orales des chercheurs ; incitations envoyées par une ordinateur en fonction de la vitesse mesurée ; modification de la texture de la nourriture, dure ou molle ; modification du mode d’administration, cuillère ou paille). La sensation de faim des sujets était évaluée quelques heures après le repas.

 

Quelque soit la méthode employée, la prise alimentaire des sujets mangeant moins vite était plus faible que celle des sujets mangeant plus vite, avec un effet croissant : plus la vitesse était réduite expérimentalement, plus la prise alimentaire diminuait.

Diminuer la vitesse à laquelle on mange, stratégie déjà mise en œuvre dans certaines interventions cliniques et préconisée dans les recommandations de santé publique, serait donc efficace pour maintenir son poids stable ou en perdre.

 

Les chercheurs avancent plusieurs explications :

- un impact sur les concentrations de plusieurs hormones de satiété,

- une vidange gastrique plus lente,

- une exposition sensorielle aux aliments plus longue ou encore une augmentation du nombre de mastications.

 

Sur la méthode à employer pour réduire cette vitesse, les chercheurs soulignent l’intérêt de l’éducation à l’échelle de l’individu, et celui de la modification de la texture des aliments à l’échelle de la population, moins « perturbante » vis-à-vis des habitudes alimentaires.